Six logiciels d’emailing européens de notre catalogue proposent un plan gratuit permanent, et non un essai qui expire au bout de deux semaines : Brevo, Sender, Omnisend, Acumbamail, Mailjet et CleverReach. Le plus large laisse partir 15 000 emails par mois, le plus étroit s’arrête à 500.
Cet écart est difficile à voir, parce que les éditeurs ne comptent pas dans la même unité. Brevo raisonne en emails par jour, ses concurrents en emails par mois, et plusieurs ajoutent un second plafond sur le nombre de contacts enregistrés. Deux plafonds cohabitent donc, sur les emails et sur les contacts, et ce n’est pas toujours le même qui vous rattrape : le plus généreux en volume peut être le plus étroit en nombre d’inscrits. C’est le second qui bloque le plus souvent, dès que la liste grossit.
Nous avons ramené les six plans à la même unité et relu chaque grille tarifaire à la source. Les autres solutions du catalogue emailing européen facturent dès le premier envoi.
Comment nous avons vérifié ces plans gratuits
En emailing, un plan gratuit n’est pas un essai gratuit. Nous n’avons retenu que les offres sans date de fin, utilisables aussi longtemps que vous respectez leur plafond, ce qui exclut les périodes de 14 ou 30 jours que la plupart des éditeurs appellent aussi « gratuit ». C’est la confusion qui piège le plus souvent ceux qui cherchent des alternatives européennes à Mailchimp. Chaque limite citée ici vient de la page tarifaire officielle, relue le 7 septembre 2026, jamais d’une page de comparateur recopiée.
Les six éditeurs sont établis dans l’Union européenne, condition d’entrée du catalogue Eurosaas. Deux d’entre eux sont français, Brevo et Mailjet, auxquels s’ajoute Sweego traité plus bas ; les quatre autres viennent de Lituanie, d’Espagne et d’Allemagne. Nous précisons pour chacun où vivent les données, et nous le disons quand l’éditeur ne le documente pas. Un point mérite d’être posé d’emblée : un plan gratuit reste un traitement de données à part entière. L’éditeur y est votre sous-traitant au sens du RGPD, et le contrat de sous-traitance s’applique exactement comme sur un plan payant.
Dernier point vérifié, sans exception : les six imposent une signature, un logo ou une publicité dans les emails partis du plan gratuit. La forme change d’un éditeur à l’autre, et elle compte.
| Outil | Note | Emails inclus par mois | Ce que bloque le gratuit | Premier plan payant | Site | Fiche |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Brevo | 4,0/5 | 9 000 (300 par jour) | Logo Brevo imposé, retrait facturé 8,10 € par mois | 7 € par mois | brevo.com | Voir la fiche |
| Sender | 3,8/5 | 15 000 | 2 500 abonnés, marque sur les emails et les formulaires, pas de test A/B | 6,05 € par mois | sender.net | Voir la fiche |
| Omnisend | 3,7/5 | 500 | 250 contacts, badge imposé, pas de SMS | 16 USD par mois | omnisend.com | Voir la fiche |
| Acumbamail | 3,6/5 | 2 000 | 250 abonnés, mention imposée, ni API ni automatisation | 24 € par mois | acumbamail.com | Voir la fiche |
| Mailjet | 3,6/5 | 6 000 (200 par jour) | 1 000 contacts, logo Mailjet imposé | 16 € par mois | Voir la fiche | |
| CleverReach | 3,5/5 | 1 000 | 250 destinataires, publicité dans la newsletter, une seule automatisation | 15 € par mois | Voir la fiche |
Brevo : 300 emails par jour, sans limite de contacts

Brevo est le seul des six à compter en emails par jour plutôt qu’au mois, et cette particularité change tout selon votre façon d’envoyer. 300 emails quotidiens font 9 000 envois par mois si vous les étalez. Concentrez tout sur une campagne du mardi matin, et c’est un mur : une liste de 1 000 abonnés met alors quatre jours à recevoir sa newsletter, qu’il faut découper à la main.
En contrepartie, l’éditeur français ne plafonne pas le nombre de contacts stockés. Vous pouvez faire grossir votre base à 30 000 inscrits sans payer, du moment que la cadence d’envoi reste sous la barre. C’est le bon compromis pour une association ou une boutique qui collecte des adresses depuis longtemps et écrit rarement. Le cœur de la plateforme tourne chez OVH, Scaleway et Hetzner, en France et en Allemagne, une partie annexe chez Google en Belgique.
Le passage au payant ne sert d’ailleurs pas à envoyer davantage : le plan Starter, à 7 € par mois, plafonne à 5 000 emails mensuels, soit moins que le gratuit. Ce qu’il apporte, ce sont les scénarios automatisés et le retrait du logo « Envoyé par Brevo », facturé 8,10 € par mois en supplément ou inclus à partir du plan Standard à 15 € par mois. Si Mailchimp figure dans votre comparaison, nous avons confronté les deux point par point.
4,0/5Note EurosaasSender : 15 000 emails par mois, le plafond le plus haut de notre catalogue

15 000 emails par mois et 2 500 abonnés : aucun autre éditeur de notre sélection n’ouvre son plan gratuit aussi grand. L’ouverture ne s’arrête pas au compteur, puisque cet éditeur lituanien laisse aussi l’accès aux scénarios automatisés, aux formulaires, aux popups et à dix landing pages, là où ses concurrents réservent ces fonctions au payant. Une campagne d’emailing mensuelle envoyée à 2 000 abonnés y tient sans problème, avec de la marge pour une relance.
La contrepartie est double. La marque, d’abord : le logo Sender apparaît sur les emails, mais aussi sur les formulaires et les popups posés sur votre site, ce qui le rend nettement plus visible qu’une simple signature en pied de message. L’opacité, ensuite. Sa politique de confidentialité ne nomme ni pays, ni centre de données, ni sous-traitant d’infrastructure, et se contente d’évoquer un environnement serveur hautement sécurisé. C’est le seul des six à ne pas dire où vivent les données de ses clients.
Un dernier point revient dans les avis publiés sur Capterra : la politique anti-spam de l’éditeur y est jugée floue et mal expliquée à l’inscription, et des comptes ont été suspendus sans que leur propriétaire comprenne pourquoi. Sur une offre aussi large, la vigilance porte donc moins sur le plafond que sur la propreté de la liste que vous importez. Une base bâtie en double opt-in, où chaque inscrit a confirmé son adresse par un premier email, protège autant votre compte que votre réputation d’expéditeur.
3,8/5Note EurosaasOmnisend : 500 emails par mois, un gratuit pensé pour la boutique en ligne

Le plafond est le plus bas des six, et pourtant ce gratuit ouvre la quasi-totalité des fonctionnalités de la plateforme, ce qui est rare à ce niveau. Si vous vendez sur Shopify ou WooCommerce, la question du volume passe même au second plan : cet éditeur lituanien branche ses scénarios directement sur le catalogue de la boutique, pour relancer un panier abandonné, souhaiter la bienvenue ou recommander des produits piochés dans le magasin. 500 emails par mois suffisent à faire tourner ces automatisations sur une boutique qui démarre.
Hors commerce en ligne, le compte est vite atteint. 250 contacts et 500 envois mensuels représentent deux campagnes par mois sur une petite liste, et rien de plus. Le badge Omnisend s’affiche sur les emails comme sur les formulaires, et les campagnes par SMS restent fermées.
Omnisend facture en dollars américains, y compris ses clients européens, ce qui expose la facture au taux de change. Ses données sont hébergées chez Google Cloud, sous contrat avec l’entité irlandaise du fournisseur. Le passage au payant, à partir de 16 USD par mois, change surtout la nature du compteur : il lève le plafond de contacts et cale le volume d’envoi sur la taille de la liste. La facture grossit alors avec le nombre d’inscrits, pas avec votre activité.
3,7/5Note EurosaasAcumbamail : 2 000 emails par mois, tout en Espagne

Comptez 2 000 emails par mois pour 250 abonnés, avec un composeur en glisser-déposer et les statistiques de base. Ce cadre convient à une association qui écrit à ses adhérents une fois par mois, ou à un indépendant qui teste l’exercice avant de s’y tenir. La plateforme est éditée en Espagne et y héberge ses données.
Côté fonctions, en revanche, le plan gratuit s’arrête vite, et c’est là que se joue la vraie limite. Les scénarios automatisés, l’accès par API, l’envoi en SMTP, les landing pages et les rapports complets sont tous réservés au payant. Vous composez et vous envoyez ; vous n’automatisez rien, et vous ne branchez rien sur votre site. La mention « Enviado a través de Acumbamail » accompagne chaque message, en espagnol, y compris dans un email rédigé en français.
Comptez 24 € par mois pour le premier palier sur l’axe des volumes, ou 39 € par mois si vous préférez raisonner en nombre d’abonnés. C’est le tarif d’entrée le plus élevé des six, et ce saut se justifie par ce qu’il débloque d’un coup : l’automatisation complète et l’accès technique à la plateforme.
3,6/5Note EurosaasMailjet : 6 000 emails par mois, plafonnés à 200 par jour

Le double plafond est le piège de cette offre. 6 000 emails par mois font une enveloppe confortable sur le papier, sauf que la limite quotidienne de 200 envois la rend inatteignable en une seule campagne. Et le second plafond mord avant : 1 000 contacts, quand l’enveloppe mensuelle en autoriserait six fois plus en théorie. Une liste de 1 000 personnes, soit le maximum permis, réclame cinq jours d’envoi étalé pour recevoir un seul message.
Ce régime lent correspond en revanche exactement à l’usage transactionnel, celui des messages déclenchés un par un : confirmation de commande, réinitialisation de mot de passe, accusé de réception. Mailjet s’y distingue nettement des cinq autres, car son plan gratuit inclut l’accès par API et l’envoi en SMTP, le protocole par lequel une application confie ses emails à un serveur. Acumbamail réserve précisément ces deux accès à son payant. Mailjet est donc le seul des six à permettre de brancher un site sur un envoi automatique sans sortir un euro.
Son interface de suivi affiche les taux d’ouverture, de clic, de rebond et de plainte campagne par campagne, y compris sur le gratuit. Elle sépare les rebonds durs, ces adresses qui n’existent plus et qu’il faut retirer de la liste, des rebonds temporaires. L’entité française facture en France, et les données sont hébergées chez Google Cloud, à Francfort et en Belgique. Le logo Mailjet reste affiché tant que vous ne passez pas au plan Essentiel, à 16 € par mois.
3,6/5Note EurosaasCleverReach : 1 000 emails par mois et une publicité dans la newsletter

Le plan Lite tient dans 1 000 emails mensuels pour 250 destinataires, avec une automatisation unique et les rapports de base. Sa singularité est moins le volume que la nature de la contrainte : là où les cinq autres se contentent d’une signature ou d’un logo, cet éditeur allemand insère une publicité dans la newsletter elle-même. Le sans-publicité commence au plan Basic, à 13,50 € par mois en paiement annuel, ou 15 € au mois.
Son constructeur de scénarios pose les déclencheurs et les conditions sur une grille visuelle, et le gratuit en autorise un seul, mais complet. Une petite boutique qui veut comprendre à quoi ressemble un parcours automatisé avant de le financer y trouvera de quoi se faire une idée précise.
Un mot sur l’hébergement, parce que le discours commercial met en avant des serveurs en Allemagne. Le contrat de sous-traitance révèle qu’une partie du stockage repose sur Amazon Web Services, aux côtés des allemands PlusServer et Hetzner. La remarque vaut pour la moitié de cette sélection : chez Mailjet comme chez Omnisend, l’infrastructure est celle de Google, et chez Brevo une partie annexe l’est aussi. Dans ces quatre cas les serveurs sont en Europe ; dans ces quatre cas, la société qui les exploite ne l’est pas entièrement.
3,5/5Note EurosaasSweego, un cas à part : l’envoi par le code, pas la newsletter

Un septième éditeur du catalogue propose lui aussi un plan gratuit permanent, mais il ne sert pas à envoyer une newsletter et le mélanger aux six autres induirait en erreur. Sweego, édité par le lillois Mindbaz, offre 100 emails par jour avec des domaines illimités et 5 modèles, hébergés chez OVHcloud à Roubaix et chez Scaleway.
La différence n’est pas de volume, elle est de nature. Sweego ne gère pas de liste de contacts et ne propose pas d’interface pour composer une campagne : les messages partent depuis votre code, par API ou en SMTP. C’est une alternative européenne à SendGrid ou Mailgun, pensée pour les emails qu’une application déclenche toute seule. Si vous cherchez à faire de l’emailing sans écrire une ligne de code, ce n’est pas là qu’il faut regarder. Si vous développez un service qui doit expédier des emails de confirmation, c’est l’option la plus solidement hébergée en France de cette liste.
Et si vous acceptez de l’héberger vous-même
Keila, développé en Allemagne, publie son code et se laisse installer sur votre propre serveur, sans droits de licence à acquitter. Aucun plafond ne s’applique alors, ce qui règle d’un coup la question des 500 ou des 15 000 emails. Mailcoach, venu de Belgique, propose lui aussi une version auto-hébergée, taillée pour les applications Laravel.
Le mot « gratuit » mérite toutefois d’être pesé. Il faut un serveur, une adresse d’expédition à monter en charge progressivement, ce que le métier appelle un warm-up, les trois enregistrements d’authentification que les boîtes de réception exigent aujourd’hui (SPF, DKIM et DMARC) et quelqu’un pour maintenir l’ensemble. Cette voie convient à une équipe qui a déjà ces compétences en interne, jamais à celle qui cherche à s’épargner un abonnement à 7 € par mois.
Comment choisir votre logiciel d’emailing gratuit
Aucun logiciel emailing gratuit ne repousse les deux plafonds à la fois. Traduisez donc votre usage en volume mensuel réel, puis vérifiez lequel des deux vous rattrapera en premier. Multipliez la taille de votre liste par le nombre d’envois mensuels prévus : 2 000 abonnés relancés deux fois font 4 000 emails, ce qui élimine d’emblée Acumbamail, CleverReach et Omnisend sur le volume. Mailjet tient les 4 000 emails, mais son plafond de 1 000 contacts recale les 2 000 abonnés. C’est presque toujours le nombre de contacts qui bloque en premier quand la liste grossit. Restent Sender et Brevo.
La cadence compte autant que le total. Un emailing de masse, c’est-à-dire une campagne qui part à toute la liste d’un coup, se heurte au plafond quotidien : chez Brevo comme chez Mailjet, il interdit ce mode d’envoi. Si votre newsletter part le mardi matin à 1 000 personnes, une enveloppe mensuelle sans limite journalière vous conviendra mieux qu’un volume plus large mais rationné au jour.
Reste la marque affichée, que les six imposent. Elle passe inaperçue sur une communication associative et devient gênante dès que vous écrivez à des clients au nom d’une entreprise. Son retrait est le vrai déclencheur du passage au payant, bien plus souvent que le volume, et son prix varie du simple au triple selon l’éditeur.
Un dernier point, rarement dit. Sur un plan gratuit, vos emails partent d’adresses d’expédition mutualisées avec les autres comptes gratuits de l’éditeur : la réputation d’expéditeur, dont dépend la délivrabilité, ne vous appartient donc qu’en partie. Vos propres pratiques d’envoi pèsent davantage, mais l’adresse dédiée reste réservée aux paliers hauts. À vérifier avant de bâtir sur un gratuit un canal dont votre activité dépend.
Quel plan gratuit selon votre situation
Une association à but non lucratif qui écrit à quelques milliers d’adhérents une fois par mois trouvera chez Sender le cadre le plus large, et c’est le seul des six à tenir cet usage sans aucune ligne budgétaire : 15 000 envois mensuels, de la marge pour une relance, et les scénarios automatisés compris. Une structure bénévole y gagne l’essentiel de ce que ses concurrents facturent. Une base de contacts déjà conséquente mais peu sollicitée s’accommodera mieux de Brevo, seul à ne pas plafonner les inscrits, et c’est aussi vers lui que se tournera une organisation qui veut le moins de fournisseurs américains possible dans sa chaîne d’hébergement.
Une boutique en ligne qui démarre sur Shopify a intérêt à regarder Omnisend en premier, malgré son plafond serré : ses 500 emails servent des scénarios branchés sur le catalogue, pas des envois de masse. Un site qui expédie surtout des messages déclenchés, confirmation de commande ou réinitialisation de mot de passe, trouvera chez Mailjet le seul gratuit des six à ouvrir l’accès technique sans payer, et un développeur qui préfère tout piloter depuis son code ira vers Sweego.
Qui veut d’abord comprendre à quoi ressemble un scénario automatisé avant d’en financer un ira chez CleverReach, dont le gratuit en autorise un, complet. Et si aucun de ces plafonds ne tient face à vos besoins, notre panorama des logiciels d’emailing européens couvre l’offre payante du secteur, du tarif d’entrée aux plateformes d’entreprise.
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