Apollo.io a popularisé le tout-en-un de la prospection : une base de centaines de millions de contacts, un email finder et des séquences, le tout pour quelques dizaines de dollars par mois. Le revers, celui qui fait chercher une alternative à Apollo.io, tient en deux points : une base bâtie sur des données personnelles collectées en opt-out, difficile à défendre sous le RGPD, et une qualité de données souvent faible sur la France.
La réponse européenne tient moins du clone que de l’assemblage : un enrichisseur conforme comme Dropcontact, une brique d’intelligence commerciale, un outil d’automatisation.
Six solutions européennes se partagent le terrain ci-dessous. Chacune couvre une part d’Apollo, au prix d’un compromis, au nom de la conformité et d’une précision retrouvée sur le marché français.
| Alternative | Idéale si vous quittez Apollo pour… | À partir de | Gratuit | Note Eurosaas | Site |
|---|---|---|---|---|---|
| Dropcontact | Un enrichissement 100 % conforme au RGPD | 24 € par mois | Non | 3,9/5 | dropcontact.com |
| Sparklane | Cibler des comptes via les registres officiels | Sur devis | Non | 3,6/5 | sparklane-group.com |
| Kaspr | Trouver des coordonnées B2B depuis LinkedIn | Gratuit | Oui | 3,5/5 | kaspr.io |
| Vainu | Des données d’entreprises riches et des signaux | Sur devis | Non | 3,4/5 | vainu.com |
| Phantombuster | Construire son propre pipeline de données | 56 € par mois | Non | 3,5/5 | phantombuster.com |
| Captain Data | Une infrastructure de données pour équipe technique | ≈ 150 € par mois | Non | 3,3/5 | captaindata.co |
Pourquoi chercher une alternative à Apollo.io
Apollo séduit par son modèle : un plan gratuit pour démarrer, puis des offres payantes à partir de 49 $ par utilisateur et par mois pour l’offre Basic, jusqu’à environ 119 $ pour l’offre Organization, facturées annuellement et en dollars. Pour ce prix, vous obtenez une base de contacts mondiale et des séquences d’envoi dans le même outil. C’est imbattable sur le papier.
Le problème commence avec la donnée. La base d’Apollo est alimentée par scraping et par contribution des utilisateurs, sur un modèle d’opt-out : les personnes y figurent sans avoir consenti, ce qui place l’outil en porte-à-faux avec le RGPD pour un usage en Europe. S’y ajoute une couverture inégale sur le marché français, où les coordonnées sont souvent moins fiables qu’aux États-Unis, et un hébergement hors de l’Union. Quitter Apollo, c’est accepter de remplacer un outil unique par une combinaison de briques spécialisées, chacune plus solide sur son terrain et défendable juridiquement. C’est le pari de cet article : un peu plus de complexité, beaucoup plus de conformité.
Dropcontact : l’enrichissement sans base de données
3,9/5Note EurosaasSi vous quittez Apollo pour la conformité, Dropcontact est la réponse la plus nette. Rare chez les enrichisseurs, il ne constitue aucune base de données : les coordonnées sont recalculées en temps réel par algorithme, sans stockage ni revente. Un modèle audité par la CNIL en 2019 sans sanction, édité à Aulnay-sous-Bois.
Branché sur votre CRM ou vos listes, Dropcontact renvoie chaque fiche complétée et vérifiée (email professionnel, poste, entreprise), sans qu’aucune donnée ne transite par un annuaire tiers. Là où Apollo faiblit sur la zone francophone, c’est précisément là que sa précision se distingue.

Le modèle sans base de données est ce qui neutralise, à la racine, le reproche fait à Apollo : rien n’est stocké ni revendu, et l’hébergement est français (OVH, Scaleway, IONOS). La contrepartie est fonctionnelle plus que réglementaire. Dropcontact enrichit, mais ne fournit pas de répertoire à prospecter ni de séquences d’envoi : il faut donc lui adjoindre un outil de prospection. Et le calcul en temps réel se paie en vitesse : quelques secondes par contact, vite pénalisantes sur de gros volumes.
Idéal pour : les équipes qui veulent enrichir et fiabiliser leurs contacts français en toute conformité, en complément d’un outil de prospection.
Prix : à partir de 24 € par mois sur un modèle de crédits. Les offres supérieures relèvent les volumes et ouvrent les intégrations.
Notre avis. La pièce maîtresse d’une prospection européenne propre : Dropcontact est le seul de cette liste dont le modèle, par construction, met l’éditeur à l’abri du grief RGPD. Reste à accepter qu’il ne couvre qu’une partie d’Apollo, l’enrichissement, et qu’il faudra lui adjoindre un outil d’envoi.
Sparklane : cibler par les registres officiels
3,6/5Note EurosaasPour remplacer la fonction « base de comptes à cibler » d’Apollo, Sparklane fait de la conformité son argument central : pas de scraping, des données issues des registres officiels du commerce via sa maison-mère française Ellisphere, et une URL publique traçable pour chaque information. C’est l’un des modèles les mieux étayés du marché.
Vous partez d’un profil de client idéal, et l’outil remonte les comptes qui y correspondent, assortis de signaux d’affaires (levées, recrutements, changements de dirigeant) pour prioriser qui contacter en premier. Chaque donnée s’accompagne de sa source vérifiable, ce qu’aucune base scrapée ne peut offrir.

La traçabilité par les registres officiels, avec droit d’opposition et support en français, est l’atout qu’Apollo ne peut pas opposer. En échange, Sparklane cible et qualifie mais ne prospecte pas à votre place : les séquences d’envoi restent à ajouter ailleurs. La fiabilité des emails et téléphones est par ailleurs inégale selon les fiches, et la grille reste opaque, l’essentiel passant par un devis.
Idéal pour : les équipes commerciales qui veulent identifier et prioriser des comptes français avec une donnée sourcée et conforme.
Prix : essai gratuit de deux semaines, puis offres sur devis selon le périmètre, le nombre d’utilisateurs et les fonctionnalités.
Notre avis. Pour rebâtir le ciblage d’Apollo côté français, Sparklane est le choix le plus défendable : chaque donnée porte sa source. Le compromis, c’est la fiabilité variable des coordonnées et une grille sur devis qui ralentit la décision. Excellent pour cibler, à compléter pour contacter.
Kaspr : les coordonnées B2B depuis LinkedIn
3,5/5Note EurosaasC’est la fonction d’Apollo la plus utilisée au quotidien : récupérer un email ou un téléphone depuis un profil LinkedIn. Kaspr la couvre via une extension, avec des données hébergées en France chez OVH et un plan gratuit pour tester. Un bémol majeur, traité plus bas, en fait l’alternative la plus nuancée de cette liste.
Vous ouvrez un profil LinkedIn, cliquez sur l’extension, et ses coordonnées atterrissent dans votre CRM en un geste. La prise en main est immédiate, et le plan gratuit suffit à jauger la qualité des données avant de s’engager.

Ce que vous gagnez face à Apollo : des coordonnées B2B précises via une extension simple, hébergées en France chez OVH, avec un plan gratuit pour tester.
Ce que vous perdez face à Apollo : la tranquillité réglementaire (Kaspr a été sanctionné par la CNIL en décembre 2024, 240 000 €, pour collecte sans base légale) et l’indépendance de l’éditeur, filiale du britannique Cognism, hors UE.
Idéal pour : les commerciaux qui prospectent sur LinkedIn et veulent un accès rapide aux coordonnées, en gardant en tête le contexte réglementaire.
Prix : plan gratuit, puis offres payantes par crédits, plus avantageuses en facturation annuelle.
Notre avis. Sur le pur usage, Kaspr fait ce que faisait Apollo pour dénicher un numéro ou un email, et depuis la France. Mais la sanction CNIL de décembre 2024 et le contrôle capitalistique britannique nuancent fortement l’argument souveraineté : vous quittez un problème de conformité américain pour un dossier européen qui n’est pas vierge. À choisir en connaissance de cause.
Vainu : la donnée d’entreprises et les signaux
3,4/5Note EurosaasPour la dimension « base de données firmographiques » d’Apollo, Vainu propose des données d’entreprises riches et des signaux d’affaires, avec une force nette sur les pays nordiques. Édité à Helsinki, il est certifié SOC 2 Type 1 et héberge sur AWS dans l’Union.
Une équipe qui vend en Scandinavie y trouve un niveau de détail rare : effectifs, technologies utilisées, actualités d’entreprise, de quoi bâtir un ciblage fin et suivre les moments où un compte devient mûr. Sur ce terrain, Vainu rivalise avec n’importe quel fournisseur de données.

Côté conformité, l’éditeur finlandais avance une certification SOC 2 Type 1 et un DPO désigné. Le vrai arbitrage est géographique : orienté Scandinavie, Vainu couvre mal la France, où sa précision de contacts se dégrade et où le DPA n’est pas public. Et comme Sparklane, il informe sans envoyer : pas de séquences.
Idéal pour : les équipes qui ciblent les marchés nordiques et veulent une donnée d’entreprises riche pour prioriser leurs comptes.
Prix : sur devis, selon le périmètre de données, le nombre d’utilisateurs et les intégrations.
Notre avis. Avec Vainu, tout se joue sur la géographie : sur la Scandinavie, il tient tête à n’importe quel fournisseur de données d’entreprises ; sur la France, sa couverture s’étiole et Sparklane reprend la main. Tant que votre cible déborde de l’Hexagone vers l’Europe du Nord, l’investissement se tient ; cantonné à la France, il se justifie mal.
Phantombuster : automatiser sa collecte de données
3,5/5Note EurosaasPlutôt que d’acheter une base, certaines équipes préfèrent la construire. Phantombuster automatise le scraping de LinkedIn et d’autres sources via un large catalogue d’automatisations, les « Phantoms », avec une transparence exemplaire (DPA, liste de sous-traitants et DPO publics). Édité à Paris. C’est aussi le profil le plus risqué de cette sélection, à manier en connaissance des règles.
Vous enchaînez les Phantoms comme des briques : extraire une liste de profils depuis une recherche LinkedIn, enrichir, exporter vers votre CRM, relancer. Pour un profil growth, c’est un atelier de prospection sur mesure, capable de tâches qu’aucune base toute faite ne permet.

Mais cette transparence de l’éditeur ne doit pas faire oublier où le risque se déplace : vers vous. Le scraping automatisé est contraire aux conditions de LinkedIn, avec un risque de bannissement de compte, et la conformité RGPD de ce que vous collectez reste à votre charge. L’infrastructure et la couche d’IA, enfin, sont entièrement américaines (AWS).
Idéal pour : les profils growth et les équipes techniques qui veulent automatiser leur collecte plutôt que de payer une base toute faite.
Prix : à partir de 56 € par mois sur des plans fixes (Start 56 €, Grow 128 €, Scale 352 €). Le coût monte par paliers à mesure que vos volumes augmentent.
Notre avis. Phantombuster est l’outil le plus puissant de cette liste pour qui veut maîtriser sa donnée de bout en bout, et le plus transparent côté conformité éditeur. Mais il déplace le risque vers vous : le scraping LinkedIn reste en tension avec les CGU de la plateforme, et la conformité RGPD vous incombe. Un outil d’expert, pas un substitut grand public à Apollo.
Captain Data : l’infrastructure de données pour équipes techniques
3,3/5Note EurosaasPour les organisations qui veulent industrialiser, Captain Data a pivoté fin 2025 vers une infrastructure de données B2B « API-first » réservée aux équipes techniques. Éditée à Nantes, elle revendique plus de 500 millions de profils et des intégrations CRM solides.
Ici, la donnée ne se consulte pas dans une interface commerciale : elle circule par API directement dans vos systèmes, alimentée en continu par des workflows que vos développeurs orchestrent. C’est le choix d’une organisation qui traite la prospection comme un flux de données, pas comme une boîte de réception.

Le pivot récent a un prix d’entrée : sans équipe technique pour l’exploiter via API, l’outil reste hors de portée, et l’accès commercial en libre-service a disparu. Côté souveraineté, le dossier est en demi-teinte : DPA et clauses types sont publics, mais la résidence des données en UE n’est pas garantie et repose sur une pile de sous-traitants américaine.
Idéal pour : les équipes techniques qui veulent intégrer la donnée B2B directement dans leurs systèmes via API.
Prix : modèle à l’usage, à partir d’environ 150 € par mois (minimum 2 500 crédits, autour de 60 € les 1 000), avec un essai gratuit de 14 jours.
Notre avis. Captain Data n’est plus un outil de prospection mais une brique d’infrastructure : sans développeur pour l’exploiter via API, vous n’en tirerez rien. Sa pile de sous-traitants américaine et l’absence de résidence UE garantie le placent en bas de cette sélection côté souveraineté. C’est l’outil d’une équipe technique qui industrialise sa donnée, pas d’un commercial qui veut prospecter demain matin.
Comment remplacer Apollo, brique par brique
Migrer depuis Apollo ne consiste pas à exporter une base, mais à recomposer une chaîne. Commencez par exporter vos listes et vos séquences existantes depuis Apollo au format CSV, pour ne rien perdre du travail en cours. Identifiez ensuite les trois fonctions que vous utilisiez réellement : le plus souvent, le ciblage de comptes, la récupération de coordonnées et l’envoi de séquences.
À chaque fonction sa brique européenne. Le ciblage passe à Sparklane ou Vainu, l’enrichissement et la fiabilisation à Dropcontact, la récupération de coordonnées à Kaspr. Pour la couche d’envoi, qu’aucun outil de cette liste ne couvre, tournez-vous vers la prospection multicanale de LaGrowthMachine ou les séquences de Lemlist et Waalaxy. Comptez une à deux semaines pour câbler l’ensemble, contre l’installation immédiate d’Apollo : c’est le prix de la conformité et de la qualité.
Quelle alternative à Apollo selon votre besoin
- Vous partez pour la conformité RGPD : Dropcontact pour l’enrichissement, Sparklane pour le ciblage, deux modèles sans scraping et traçables.
- Vous voulez surtout des coordonnées LinkedIn : Kaspr, en gardant à l’esprit son contexte réglementaire récent.
- Vous ciblez les marchés nordiques : Vainu, pour la richesse de sa donnée d’entreprises sur la zone.
- Vous avez une équipe technique : Phantombuster pour automatiser, Captain Data pour intégrer la donnée via API.
Questions fréquentes sur les alternatives à Apollo.io
- Existe-t-il une alternative française à Apollo.io ?
- Oui. Dropcontact (enrichissement), Sparklane (ciblage), Kaspr (coordonnées) et Phantombuster (automatisation) sont tous édités en France. Aucun ne reproduit le tout-en-un d’Apollo : vous assemblez plusieurs briques, mais chacune est défendable juridiquement.
- Quelle alternative à Apollo pour rester conforme au RGPD ?
- Dropcontact et Sparklane sont les plus solides : le premier ne stocke aucune base de données et a été audité par la CNIL sans sanction, le second n’utilise que des registres officiels avec une URL traçable par donnée. Tous deux hébergent en France.
- Une alternative à Apollo est-elle moins chère ?
- Pris isolément, oui : Dropcontact démarre à 24 € par mois, Kaspr propose un plan gratuit. Mais remplacer le tout-en-un d’Apollo demande plusieurs outils, dont le coût cumulé peut s’en approcher. Vous payez pour la conformité et la qualité, pas pour économiser.
- Les données Apollo sont-elles faciles à exporter ?
- Oui. Apollo permet d’exporter listes et contacts au format CSV, réimportables dans la plupart des outils européens. Les séquences, en revanche, sont à reconstruire dans le nouvel outil d’envoi choisi.
Quitter Apollo, c’est troquer un tout-en-un pratique mais discutable sur la donnée contre une chaîne d’outils spécialisés, plus exigeante à monter mais conforme et plus précise sur la France. Pour composer votre pile, parcourez notre sélection des outils de prospection européens, notre comparatif Dealfront et Albacross sur l’identification de visiteurs, et l’ensemble des fiches de la catégorie prospection.
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