La facture Salesforce ne se lit jamais sur la page tarifs : elle se découvre au bout d’un an, une fois les modules, les sièges supplémentaires et l’intégrateur additionnés. C’est le premier motif de bascule vers une alternative à Salesforce, devant la complexité et l’hébergement américain soumis au CLOUD Act.
Pour la majorité des PME françaises, la réponse tient en un mot : un CRM européen plus léger, comme Sellsy ou Axonaut, qui couvre l’essentiel des usages sans l’usine à gaz.
Nous en avons retenu six, toutes établies dans l’Union européenne, du remplaçant tout-en-un au simple carnet de prospection. Pour chacune, le profil de migrant à qui elle convient, et le compromis à connaître avant de basculer.
| Alternative | Idéale si vous quittez Salesforce pour… | À partir de | Gratuit | Note Eurosaas | Site |
|---|---|---|---|---|---|
| Odoo | Une suite tout-en-un open source et auto-hébergeable | Gratuit (module CRM) | Oui | 3,8/5 | odoo.com |
| Efficy | Un CRM d’entreprise européen, riche et personnalisable | Sur devis | Non | 3,4/5 | efficy.com |
| Sellsy | Le cycle de vente complet, hébergé en France | 39 € par utilisateur par mois | Non | 3,7/5 | sellsy.com |
| Axonaut | La simplicité d’un ERP léger pour TPE et PME | 97 € par mois | Non | 3,9/5 | axonaut.com |
| Pipedrive | Un pipeline de vente clair, sans la complexité | 14 € par utilisateur par mois | Non | 3,7/5 | pipedrive.com |
| noCRM | Le strict nécessaire pour prospecter et conclure | 11 € par utilisateur par mois | Non | 3,8/5 | nocrm.io |
Pourquoi quitter Salesforce
Salesforce reste la référence mondiale du CRM, et ce statut a un prix. L’offre démarre à 25 € par utilisateur et par mois sur l’édition Starter, mais l’édition Enterprise, celle qui débloque l’automatisation sérieuse, grimpe à 175 € par utilisateur et par mois en facturation annuelle. À cela s’ajoutent les modules vendus séparément, les crédits d’IA et, presque toujours, un intégrateur pour paramétrer la plateforme. Sur les forums comme sur G2, la plainte revient : le coût total dépasse de loin le tarif affiché, et la courbe d’apprentissage exige un administrateur dédié.
Vient ensuite la question de la souveraineté. Salesforce est une entreprise américaine, soumise au CLOUD Act : même avec des régions d’hébergement européennes, le contrôle juridique reste extraterritorial. Pour un fichier client, qui compte parmi les données les plus sensibles d’une organisation, l’argument pèse de plus en plus lourd dans les appels d’offres. Les six alternatives ci-dessous répondent à au moins l’une de ces frustrations : le prix, la complexité ou la localisation des données.
Odoo : la suite open source qui couvre tout
3,8/5Note EurosaasSi vous quittez Salesforce parce que vous payez une suite complète sans tout utiliser, Odoo prend le contre-pied : son module CRM est gratuit et sans limite d’utilisateurs, connecté à plus de trente applications de gestion. Éditée à Liège, en Belgique, la plateforme est aussi le seul candidat réellement auto-hébergeable de cette sélection.
Concrètement, vous cessez d’empiler les abonnements : une opportunité gagnée devient un devis puis une facture dans le même environnement, et vous n’activez que les applications utiles, quand elles le deviennent. La cohérence d’une plateforme, sans son ticket d’entrée.

Le vrai atout de souveraineté n’est pas le cloud hébergé d’Odoo, c’est le code ouvert : vous auto-hébergez l’instance où vous voulez, hors de toute dépendance, et l’éditeur est certifié ISO 27001:2022. En contrepartie, la prise en main est exigeante et les personnalisations comme les migrations se facturent cher.
Ce que vous gagnez face à Salesforce : un module CRM gratuit et sans plafond d’utilisateurs, et un code auto-hébergeable qui vous laisse maîtriser la localisation des données.
Ce que vous perdez face à Salesforce : l’écosystème de partenaires et un support reconnu comme le point faible de la maison.
Idéal pour : les organisations qui veulent une suite de gestion complète et acceptent d’investir dans le paramétrage, ou qui visent l’auto-hébergement.
Prix : module CRM gratuit, puis plans payants par utilisateur et par mois pour débloquer l’ensemble des applications.
Notre avis. C’est l’alternative la plus ambitieuse de cette liste, et la plus engageante. Tant que vous restez sur le cloud d’Odoo, vous troquez le CLOUD Act contre une dépendance Google Cloud partielle : le vrai gain de souveraineté n’arrive qu’avec l’auto-hébergement, à réserver à qui a les ressources pour l’exploiter.
Efficy : le CRM d’entreprise resté européen
3,4/5Note EurosaasEfficy est sans doute le concurrent le plus direct de Salesforce dans cette sélection : un CRM d’entreprise né en Belgique, consolidé par acquisitions (INES, webCRM, APSIS), qui mise sur une personnalisation poussée et une large couverture commerciale. C’est l’alternative pour qui veut la richesse de Salesforce sans quitter le giron européen.
Au quotidien, une équipe structurée y retrouve ses repères : pipelines sur mesure, scoring des leads, relances automatisées, suivi des tickets et des SLA côté service client. La maille fine de Salesforce, mais avec un éditeur soumis au droit européen.

L’éditeur revendique les certifications ISO 27001 et 27701 au niveau du groupe et annonce une offre hébergée en France ; sa documentation de sécurité publique reste en revanche avare, l’hébergeur et les sous-traitants n’étant pas détaillés.
Ce que vous gagnez face à Salesforce : la profondeur fonctionnelle et la personnalisation d’un CRM d’entreprise, sous droit européen.
Ce que vous perdez face à Salesforce : peu de chose côté fonctionnel, mais vous héritez de deux de ses travers, le devis obligatoire sans essai gratuit et une mise en route exigeante.
Idéal pour : les entreprises structurées qui veulent la profondeur fonctionnelle de Salesforce avec un éditeur soumis au droit européen.
Prix : sur devis, selon les modules, le nombre d’utilisateurs et le périmètre d’intégration.
Notre avis. Efficy gagne sur le seul terrain où la plupart des alternatives européennes calent face à Salesforce : la profondeur pour une organisation déjà structurée. Reste que ce gain est réglementaire, pas ergonomique, et cela pèse selon la taille : trop lourd pour une petite équipe, à sa place dans une DSI qui pilote un appel d’offres.
Sellsy : tout le cycle de vente, hébergé en France
3,7/5Note EurosaasPour une PME française qui trouve Salesforce surdimensionné, Sellsy couvre tout le cycle commercial, du CRM à la facturation, dans une plateforme hébergée chez Scaleway, à Paris. C’est l’argument de localisation le plus net de la sélection : les données restent hors du champ du CLOUD Act.
Dans la pratique, le devis signé se transforme en facture sans réimporter une ligne, et le pilotage du chiffre d’affaires suit le rythme des affaires. Pour une équipe qui jonglait entre Salesforce et un logiciel de facturation séparé, c’est une chaîne qui se referme d’un coup.

Sellsy est Plateforme Agréée par la DGFiP pour la facturation électronique, un atout à l’approche de l’obligation française, et son support francophone inclut la formation. Vous y gagnez l’hébergement en France et une chaîne vente-facturation intégrée ; le revers du tout-en-un, c’est que la facture grimpe à mesure que les modules s’accumulent, que le marketing automation reste plus limité que chez Salesforce, et que le classique risque d’enfermement des suites intégrées vous guette.
Idéal pour : les PME françaises qui veulent gérer vente et facturation au même endroit, avec une exigence forte sur la localisation des données.
Prix : à partir de 39 € par utilisateur et par mois pour l’offre Standard (CRM et vente). Les forfaits supérieurs ajoutent la facturation et l’accompagnement.
Notre avis. Le compromis le plus équilibré pour une PME qui veut quitter Salesforce sans renoncer au tout-en-un. Le point à surveiller tient en une phrase : le coût réel dépend des modules activés, et c’est là que la note peut rejoindre celle que vous fuyiez.
Axonaut : l’ERP léger taillé pour les petites structures
3,9/5Note EurosaasAxonaut réunit CRM, facturation, comptabilité et trésorerie dans un ERP léger pensé pour les TPE et PME. Là où Salesforce demande un administrateur et un projet de déploiement, vous démarrez le jour même : clients, devis, trésorerie et comptabilité dans la même fenêtre, sans recruter personne. Une petite structure y gagne des semaines de paramétrage. L’éditeur est toulousain, l’hébergement entièrement européen.

L’hébergement est entièrement européen (OVH en France, Hetzner en Allemagne), ce qui tient les données cœur à l’écart du CLOUD Act ; quelques briques périphériques, le paiement et l’e-mailing, passent par des prestataires américains sous clauses types, la liste des sous-traitants étant publique. Comme Sellsy, Axonaut est Plateforme Agréée DGFiP.
Ce que vous gagnez face à Salesforce : une prise en main immédiate sans déploiement, et le tout-en-un CRM, facturation, comptabilité et trésorerie sous hébergement européen.
Ce que vous perdez face à Salesforce : la croissance au-delà d’une PME (pas de multi-entités) et un paramétrage avancé qui plafonne au-delà d’une cinquantaine de salariés.
Idéal pour : les TPE et PME de moins de cinquante salariés qui veulent un outil unique et opérationnel dès le premier jour.
Prix : à partir de 97 € par mois, dégressif selon le nombre d’utilisateurs et la durée d’engagement. Toutes les fonctionnalités sont incluses dès le premier plan.
Notre avis. Axonaut fait le pari d’un périmètre assumé : un seul outil pour la TPE-PME, là où Salesforce vise l’entreprise sans plafond. Le seuil de bascule est clair : tant que vous restez sous la cinquantaine de salariés et sans besoin de multi-entités, il suffit ; au-delà, vous toucherez ses limites.
Pipedrive : le pipeline sans l’usine à gaz
3,7/5Note EurosaasQuand la complexité est ce qui vous a fait fuir Salesforce, Pipedrive est le remède le plus évident. Édité à Tallinn, en Estonie, donc dans l’Union européenne, ce CRM mise tout sur le pipeline de vente, ces étapes qui vont du premier contact à l’affaire signée, et sur la lisibilité, avec l’un des dossiers de conformité les plus complets du marché.
Sur le terrain, un commercial voit ses affaires glisser d’une colonne à l’autre et sait quelle relance l’attend, sans jamais toucher à un écran de configuration. Pour une équipe qui avait surdimensionné son CRM, c’est un retour à l’essentiel qui se ressent dès la première semaine.

Sur la conformité, Pipedrive aligne un dossier rare : ISO 27001:2022, ISO 27701, SOC 2 de type II, hébergement possible en région européenne (Francfort, Dublin), DPA et sous-traitants publics. Ce que vous y gagnez tient là et dans l’usage : un pipeline lisible et plus de 500 intégrations sans intégrateur obligatoire. Ce que vous laissez derrière Salesforce est double : la profondeur d’un écosystème commercial complet et, surtout, la souveraineté capitalistique. Contrôlé depuis 2020 par le fonds américain Vista Equity, avec une entité Pipedrive Inc. aux États-Unis, il assume des transferts de données outre-Atlantique, et son support est souvent jugé lent, sans ligne téléphonique.
Idéal pour : les équipes commerciales qui veulent un pipeline clair tout de suite, sans projet de déploiement ni administrateur.
Prix : à partir de 14 € par utilisateur et par mois en facturation annuelle pour l’offre Lite, essai gratuit de 14 jours sans carte.
Notre avis. Aucun outil de cette liste ne règle le problème de complexité de Salesforce aussi bien, et le dossier de conformité est exemplaire. La nuance à connaître avant de migrer : malgré l’entité estonienne, le contrôle capitalistique et une partie des données passent par les États-Unis. Un CRM européen de droit, moins de cœur que Sellsy ou Axonaut.
Le pari du strict nécessaire avec noCRM
3,8/5Note EurosaasFidèle à sa philosophie « anti-CRM », noCRM dépouille volontairement l’outil pour ne garder que la prospection et le closing. C’est l’alternative pour qui s’est noyé dans les champs et les écrans de Salesforce : ici, vous suivez des opportunités à relancer plutôt qu’une fiche à compléter, sans champs imposés ni modules à paramétrer. Il est édité par le groupe Positive, en France, et figure parmi les mieux notés de sa catégorie (Trustpilot 4,8).

L’éditeur est français, avec DPA et liste de sous-traitants publics, la certification ISO 27001 et un excellent rapport qualité-prix. Un bémol à connaître : derrière le discours souverain, l’infrastructure reste sur AWS, doublée de briques américaines (Sentry, Nylas).
Ce que vous gagnez face à Salesforce : une simplicité radicale et un éditeur français très bien classé par ses utilisateurs.
Ce que vous perdez face à Salesforce : tout le périmètre marketing, scoring et enrichissement, et un suivi de performance plus fin.
Idéal pour : les indépendants et petites équipes commerciales qui veulent prospecter efficacement sans s’encombrer d’une plateforme.
Prix : à partir de 11 € par utilisateur et par mois pour l’offre Starter.
Notre avis. noCRM assume l’inverse de Salesforce : moins de fonctions, aucune friction. Pour une équipe qui croule sous les champs inutiles, c’est libérateur, à condition d’en accepter le marché : ni marketing automation ni scoring, et un argument souveraineté plus commercial que technique, l’infrastructure restant sur AWS.
Comment migrer depuis Salesforce
La migration depuis Salesforce est moins lourde qu’il n’y paraît, à condition de la préparer. Exportez d’abord vos données via le module Data Export de Salesforce, qui livre l’ensemble de vos objets (comptes, contacts, opportunités, activités) au format CSV. La plupart des alternatives de cette liste proposent un import CSV guidé ; Sellsy et Pipedrive vont plus loin avec un accompagnement à la reprise de données.
Trois points de vigilance avant de basculer. D’abord, les champs personnalisés : recensez-les, car ce sont eux qui ne se transposent pas automatiquement. Ensuite, les automatisations et workflows, à reconstruire dans le nouvel outil, souvent plus simplement. Enfin, prévoyez une période de double saisie d’une à deux semaines pour fiabiliser la reprise. Comptez quelques jours pour un CRM simple comme noCRM ou Pipedrive, plusieurs semaines pour une suite comme Odoo ou Efficy.
Quelle alternative à Salesforce selon votre profil
- Vous partez pour le prix : noCRM (11 € par utilisateur) ou Pipedrive (14 € par utilisateur), qui offrent l’essentiel du suivi commercial à une fraction du coût.
- Vous partez pour la souveraineté : Sellsy, hébergé en France chez Scaleway, ou Odoo en auto-hébergement pour un contrôle total des données.
- Vous partez pour la simplicité : Axonaut si vous voulez aussi la facturation et la compta, Pipedrive si vous ne voulez que le pipeline de vente.
- Vous gardez un besoin d’entreprise : Efficy, le seul à rivaliser avec la profondeur fonctionnelle de Salesforce tout en restant européen. Pour ajouter le marketing automation au CRM, Koban complète utilement le tableau.
Questions fréquentes sur les alternatives à Salesforce
- Quelle alternative à Salesforce choisir pour une PME française ?
- Pour une PME française, Sellsy et Axonaut sont les plus pertinents : tous deux hébergés dans l’Union européenne, ils couvrent CRM et facturation avec un support francophone, à un coût bien inférieur à celui de Salesforce.
- Existe-t-il une alternative gratuite à Salesforce ?
- Oui. Odoo propose un module CRM gratuit et sans limite d’utilisateurs ; il faut passer à un plan payant uniquement pour débloquer les autres applications de la suite. Pipedrive et noCRM offrent un essai gratuit, sans version gratuite permanente.
- Les données Salesforce sont-elles faciles à importer ?
- Oui. Salesforce permet d’exporter l’ensemble de vos données au format CSV, que la plupart des alternatives réimportent via un assistant. Les champs personnalisés et les workflows demandent en revanche un remappage manuel.
- Une alternative européenne est-elle vraiment plus conforme au RGPD ?
- Un éditeur établi dans l’Union européenne et hébergeant en UE limite l’exposition au CLOUD Act américain. Sellsy (Scaleway, France) ou Odoo en auto-hébergement offrent la garantie la plus solide ; Pipedrive, malgré son entité estonienne, assume des transferts vers les États-Unis.
Quitter Salesforce, c’est presque toujours échanger de la puissance configurable contre de la simplicité et un contrôle plus net des données. Pour affiner votre choix, parcourez notre panorama des CRM européens pour PME, nos alternatives européennes à HubSpot si c’est ce dernier que vous quittez, et l’ensemble des fiches de la catégorie CRM.
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