Combien coûte Agicap ? Personne ne peut vous le dire avant un rendez-vous commercial. L’éditeur annonce sur sa page tarifs « une offre unique, entièrement personnalisée » et renvoie au devis, ce qui rend la comparaison impossible tant qu’on n’a pas engagé la discussion.
C’est souvent ce qui déclenche la recherche d’une alternative, avec deux autres reproches que nous avons relevés en notant la fiche : un paramétrage initial long, et un hébergement sur Google Cloud en Belgique qui place les données dans le champ du CLOUD Act. Quatre des six solutions européennes retenues ici publient leur grille tarifaire ; les deux autres partagent le modèle du devis, et nous le disons plutôt que de le taire.
Toutes sont éditées dans l’Union européenne et figurent dans notre catalogue comptabilité et trésorerie, avec les notes et les réserves qui vont avec.
| Alternative | Prix d’entrée | Hébergement | Ce qu’elle remplace chez Agicap | Site |
|---|---|---|---|---|
| Pennylane | 0 € puis 7 € par mois HT | UE, Irlande, plus cloud SecNumCloud | Le suivi de trésorerie en temps réel | pennylane.com |
| Qonto | 9 € par mois | France (Outscale) et Irlande | Le compte, les flux et la prévision | qonto.com |
| Evoliz | 29 € par mois | Aqua Ray (France) | Le pilotage d’activité au quotidien | evoliz.com |
| Axonaut | 97 € par mois, 48,50 € sur deux ans | OVHcloud et Hetzner | La gestion complète, trésorerie comprise | axonaut.com |
| MyUnisoft | Sur devis | France (OVHcloud, Outscale) | Le pilotage adossé au cabinet | myu.fr |
| Spendesk | Sur devis | UE, sur AWS | Le contrôle des dépenses et des engagements | spendesk.com |
Ce qui pousse à chercher une alternative à Agicap
Notre évaluation place Agicap à 3,34 sur 5, et trois réserves reviennent.
La première est tarifaire. Aucun prix public, une offre bâtie sur mesure, un coût qui grimpe vite avec les options. Pour une direction financière qui compare trois solutions, cela signifie trois cycles commerciaux avant d’avoir le moindre chiffre.
La deuxième est opérationnelle : le paramétrage initial est long, et l’application mobile reste limitée au regard de ce que propose le poste de travail. Agicap vise le pilotage de trésorerie sérieux, avec modélisation et scénarios ; cette puissance se paie en temps de mise en route.
La troisième touche à la souveraineté, et c’est celle qui nous intéresse le plus. L’éditeur est français et certifié ISO 27001:2022, ce qui est un vrai point fort. Mais l’hébergement repose sur Google Cloud en Belgique : les données restent en Europe, l’opérateur reste américain, donc soumis au CLOUD Act. Et la liste des sous-traitants n’est pas publique, ce qui empêche de vérifier le reste de la chaîne.
Pennylane : la trésorerie en temps réel, sans le devis
C’est le remplacement le plus direct sur la fonction qui compte, le suivi de trésorerie alimenté par la connexion bancaire. Là où Agicap construit des scénarios pour une direction financière, Pennylane branche la comptabilité et la trésorerie sur la même plateforme et rend la position de cash lisible sans export.
Le contraste tarifaire est frontal : un plan gratuit pour la micro-entreprise sans TVA, puis 7 € par mois hors taxes pour Starter, 14 € pour Basique, 24 € pour Essentiel, et 79 € pour Premium avec le module comptable. Tout est affiché, mensuel, sans engagement.
Sur la souveraineté, Pennylane fait mieux qu’Agicap sur un point précis : sa brique de facturation électronique s’appuie sur des clouds qualifiés SecNumCloud 3.2, Outscale, S3NS et Scalingo. Son socle principal reste sur AWS Irlande, donc dans le même champ juridique qu’Agicap, mais la liste des sous-traitants est publique et la conformité DORA a été auditée.
En quittant Agicap pour Pennylane, vous laissez derrière vous la modélisation financière poussée, ses scénarios et son pilotage multi-entités. Pennylane n’a pas de gestion multi-entités native, ce qui est rédhibitoire si vous consolidez plusieurs sociétés. Son tarif est aussi jugé élevé face aux concurrents dès qu’on monte en gamme, et le délai de support varie selon les retours.
Notre avis : c’est le remplacement que nous recommandons en premier, parce qu’il règle les deux reproches en même temps, le prix affiché et la trésorerie lisible. Il ne règle pas le troisième : sur un socle AWS, vous restez dans le même champ juridique qu’avec Agicap. 3,9/5Note Eurosaas
Qonto : quand la trésorerie commence au compte bancaire
L’approche est inverse de celle d’Agicap. Plutôt que de brancher un outil de pilotage sur des comptes existants, Qonto est le compte professionnel, et le pilotage vient avec. Vous voyez les flux à la source, sans agrégation ni délai de synchronisation.
La grille est publique et lisible : 9 € par mois hors taxes pour Basic, 19 € pour Smart, 49 € pour Essential et 99 € pour Business, par compte, sur une base annuelle. C’est le contraire exact du modèle Agicap.

Côté conformité, Qonto est un établissement de paiement agréé, certifié ISO 27001 sur le périmètre de la facturation électronique et PCI DSS. Une partie de l’infrastructure française tourne sur Outscale, qualifié SecNumCloud 3.2 ; le reste vit sur AWS Europe, avec des transferts hors UE encadrés par clauses types. Sur notre échelle de posture européenne, Qonto se place à 4,0 sur 5, derrière MyUnisoft et Evoliz.
Ce que vous perdez : la profondeur de modélisation. Qonto donne une vision claire de ce qui entre et sort, pas des scénarios financiers à douze mois construits par hypothèses. Les tarifs grimpent vite au-delà du plan d’entrée, et il faut regarder les plafonds de transactions et les frais additionnels avant de conclure sur le coût réel. Migrer suppose aussi de changer de banque, ce qui n’est pas une décision d’outil.
Notre avis : à notre sens, Qonto n’est pas une alternative à Agicap mais un déplacement du problème, et c’est ce qui en fait sa force. Vous cessez d’agréger des comptes pour piloter depuis le compte lui-même. Le prix à payer est un changement bancaire, qui engage bien au-delà du choix d’un outil. 4,0/5Note Eurosaas
Voir notre fiche Qonto ou la grille tarifaire de l’éditeur.
Evoliz : le pilotage d’activité, hébergé à Ivry
Evoliz aborde la question par l’activité plutôt que par la trésorerie seule : facturation, achats fournisseurs, suivi du chiffre d’affaires et des encours dans le même outil. Pour une TPE ou une PME qui veut savoir où elle en est sans construire un modèle financier, c’est souvent suffisant.
Deux formules affichées, 29 € par mois hors taxes pour l’Essentielle et 49 € pour l’Avancée. Deux prix publics, lisibles avant tout contact commercial.

Techniquement, c’est l’une des solutions les plus ancrées en France : hébergement chez Aqua Ray, hébergeur français indépendant certifié ISO 27001 et HDS, avec les certifications NF203 et NF525 sur la conformité comptable et la sécurisation des données de caisse. Notre note de posture européenne, 4,4 sur 5, est la deuxième du comparatif. Une nuance à connaître si la souveraineté est votre critère : l’éditeur appartient au groupe norvégien Visma, donc européen, mais plus indépendant.
Ce que vous perdez : la prévision. Evoliz vous dit où vous en êtes, pas où vous serez dans six mois selon trois hypothèses de règlement client. La personnalisation des documents et le reporting avancé restent limités, la facturation électronique passe par Chaintrust intégré plutôt que par une immatriculation propre, et l’abonnement se reconduit tacitement sans notification, ce qui mérite une alerte dans votre agenda.
Notre avis : nous recommandons Evoliz à la TPE qui veut savoir où elle en est sans apprendre un outil de direction financière. Le vrai point de bascule n’est pas fonctionnel, il est contractuel : une reconduction tacite sans notification mérite un rappel dans votre agenda dès la souscription. 4,0/5Note Eurosaas
Voir notre fiche Evoliz ou la grille tarifaire de l’éditeur.
Axonaut : un tarif unique, tout compris
Axonaut prend le contre-pied du modèle par options qui rend la facture d’Agicap imprévisible : un tarif unique donne accès à toutes les fonctionnalités dès le premier plan, du CRM à la facturation électronique en passant par le suivi de trésorerie.
Le prix est dégressif selon l’engagement : 97 € par mois sans engagement, 58,20 € sur un an, 48,50 € sur deux ans. C’est plus cher à l’entrée que les autres de cette liste. Rien ne s’ajoute côté fonctionnalités, en revanche chaque utilisateur supplémentaire coûte 29,99 € par mois, ce qui change le calcul dès qu’une équipe se connecte.
L’hébergement repose sur OVHcloud en France et Hetzner en Allemagne, deux opérateurs européens : c’est la seule solution du comparatif, avec MyUnisoft et Evoliz, à ne dépendre d’aucun hyperscaler américain pour son socle. En revanche, aucune certification n’est publiée, ce qui reste un manque au moment de quitter un outil certifié ISO 27001.
Ce que vous perdez : la spécialisation. Axonaut couvre large et bien, mais son pilotage de trésorerie n’a pas la finesse d’un outil dédié. La gestion multi-entités est absente, le paramétrage avancé montre ses limites au-delà d’une cinquantaine de salariés, et les modèles de documents comme les tableaux de bord se personnalisent peu.
Notre avis : c’est la réponse la plus directe au reproche tarifaire fait à Agicap, à condition de rester seul ou à deux. À 29,99 € par utilisateur supplémentaire, l’avantage du tarif unique s’évapore dès qu’une équipe se connecte, et l’absence de certification pèse dans un dossier de conformité. 3,9/5Note Eurosaas
Voir notre fiche Axonaut ou le site de l’éditeur.
MyUnisoft : le pilotage qui passe par votre cabinet
MyUnisoft est l’alternative la plus européenne du comparatif sur notre échelle, à 4,5 sur 5, avec un hébergement réparti entre OVHcloud et Outscale, tous deux français. Pour une entreprise dont la souveraineté est le premier critère, c’est le point de départ logique.
L’outil réunit production comptable, facturation électronique et pilotage financier, avec une logique de travail partagé entre l’entreprise et son expert-comptable. Le pilotage y est un sous-produit de la comptabilité tenue à jour, pas un module séparé.
Il faut dire l’évidence : MyUnisoft ne publie pas ses prix non plus. La tarification cabinet se fait au dossier, de façon dégressive selon le volume, et les offres entreprise passent par une démonstration. Sur le critère qui vous a fait partir d’Agicap, vous ne gagnez rien.
Ce que vous perdez : l’autonomie. L’outil est pensé d’abord pour les cabinets, et une TPE ou une PME y reste dépendante de son expert-comptable pour l’essentiel. La migration depuis un autre logiciel demande aussi un accompagnement, ce qui rallonge la mise en route que vous vouliez raccourcir.
Notre avis : c’est le choix de la souveraineté assumée, et il se paie en autonomie. Nous le réservons aux entreprises dont l’expert-comptable travaille déjà dessus : ailleurs, vous reprenez le devis que vous vouliez fuir, sans gagner la maîtrise que vous cherchiez. 4,0/5Note Eurosaas
Voir notre fiche MyUnisoft ou le site de l’éditeur.
Spendesk : le pilotage par les dépenses engagées
Spendesk attaque la trésorerie par l’amont : cartes de paiement, notes de frais, factures fournisseurs et budgets. L’idée est qu’une prévision fiable commence par la maîtrise de ce qui a été engagé, avant même que la dépense apparaisse sur le compte.
La solution est modulaire, avec un socle et des extensions pour les achats, les factures, le multi-entités et les automatisations. C’est aussi son défaut de ce point de vue : la tarification est sur devis, sans grille publique, et la facture grimpe avec les modules. Le même reproche que celui adressé à Agicap, formulé dans les mêmes termes.
L’éditeur est européen et certifié ISO 27001:2022. L’hébergement se fait sur AWS avec des sous-traitants américains, donc l’exposition au CLOUD Act reste identique à celle d’Agicap. Notre note de posture européenne, 3,6 sur 5, est proche.
Ce que vous perdez : rien sur la modélisation, puisque ce n’est pas le métier de Spendesk. Vous changez d’angle plus que d’outil. Et l’onboarding est long, avec un parcours de vérification d’identité et plusieurs étapes de mise en place, à mettre en regard du paramétrage d’Agicap que vous vouliez éviter.
Notre avis : Spendesk répond à une autre question que celle qui vous a fait partir. Si votre trésorerie dérape parce que les dépenses vous échappent, il est pertinent. Si elle dérape parce que vous ne la voyez pas venir, il ne changera rien, et vous aurez repris un modèle sur devis. 3,7/5Note Eurosaas
Voir notre fiche Spendesk ou la page tarifs de l’éditeur.
Comment migrer depuis Agicap
Le déménagement porte sur trois choses, et une seule est réellement pénible.
Les connexions bancaires se refont, elles ne se transfèrent pas : il faut les rétablir une par une, puis attendre que l’historique remonte, sur une profondeur qui dépend de chaque établissement. Les catégories de flux, elles, se réimportent rarement : c’est le vrai poste de travail, car ce sont elles qui portent votre analyse. Prévoyez de les recréer à la main et gardez l’ancienne nomenclature sous les yeux.
Les prévisions et scénarios construits dans Agicap ne se migrent pas. Aucune des six solutions ne documente d’import d’un modèle Agicap. Exportez-les en tableur avant de résilier, ne serait-ce que pour garder l’historique de vos hypothèses.
Point de vigilance sur le calendrier : la plupart de ces contrats se reconduisent tacitement. Chez Evoliz, la reconduction se fait sans notification. Vérifiez votre date d’échéance chez Agicap avant d’entamer quoi que ce soit, sous peine de payer deux outils pendant un an.
Quelle alternative selon votre situation
Vous partez pour le prix opaque. Qonto à 9 € par mois ou Pennylane à 7 € affichent tout, immédiatement. Evoliz à 29 € aussi, avec quinze jours d’essai sans carte.
Vous partez pour la souveraineté. MyUnisoft sur OVHcloud et Outscale, Evoliz chez Aqua Ray, Axonaut sur OVHcloud et Hetzner. Ce sont les trois du lot qui ne dépendent d’aucun hyperscaler américain pour leur socle, Axonaut confiant toutefois ses briques périphériques de paiement et d’e-mailing à des prestataires américains encadrés par clauses types.
Vous partez pour la lourdeur de mise en route. Axonaut avec son tarif unique et son périmètre complet évite l’empilement de modules. Attention toutefois : son entrée à 97 € par mois sans engagement est la plus chère de la liste.
Vous cherchez surtout à maîtriser ce que vous dépensez. Spendesk, en acceptant que vous retrouviez le devis que vous quittiez.
Questions fréquentes sur les alternatives à Agicap
- Quelle alternative à Agicap pour une PME française ?
- Pennylane si le besoin est le suivi de trésorerie adossé à la comptabilité, Qonto si vous acceptez de changer de compte professionnel, Evoliz si le pilotage d’activité prime sur la prévision. Les trois publient leurs prix, contrairement à Agicap.
- Existe-t-il une alternative à Agicap avec un plan gratuit ?
- Pennylane propose un plan à 0 € par mois, réservé à la micro-entreprise non assujettie à la TVA et limité à la facturation électronique. Aucune des six solutions ne propose de pilotage de trésorerie complet gratuitement.
- Ces alternatives sont-elles hébergées en Europe ?
- Toutes hébergent en Europe. Trois s’appuient sur des opérateurs européens pour leur socle : MyUnisoft avec OVHcloud et Outscale, Evoliz chez Aqua Ray, Axonaut sur OVHcloud et Hetzner. Pennylane, Qonto et Spendesk utilisent AWS, donc un opérateur américain soumis au CLOUD Act.
- Combien de temps prend une migration depuis Agicap ?
- Le poste le plus long n’est pas technique. Rétablir les connexions bancaires et laisser remonter l’historique se fait en quelques heures ; recréer les catégories de flux, qui ne s’exportent pas, prend le temps que vous aviez mis à les construire.
Agicap reste un outil sérieux pour qui a le budget et un vrai besoin de modélisation financière. Le quitter n’a de sens que si l’un de ses trois défauts vous coûte vraiment, et le plus fréquent est l’absence de prix public. Nos fiches détaillées de Pennylane, Qonto et Evoliz donnent le détail des notes, et notre sélection des logiciels de comptabilité et trésorerie européens élargit la comparaison au-delà des seules alternatives.
Eurosaas est financé par l’affiliation : certains liens de cet article sont des liens partenaires. Cela ne change ni notre sélection ni notre classement, fondés uniquement sur les faits. En savoir plus.








