Quand on s’équipe d’un premier CRM comme Pipedrive ou Folk, c’est en général qu’on a déjà fait une partie du travail à la main et qu’on cherche enfin à l’outiller, pour cesser de piloter ses ventes à l’instinct et au bon vieux tableur Excel. Bonne nouvelle pour les indécis : tous deux comptent parmi les CRM les plus simples à prendre en main du marché, notés 4,4 sur 5 sur ce critère. Le risque de se tromper sur la prise en main est donc faible ; reste à choisir celui qui colle à votre façon de travailler.
Pipedrive, CRM estonien centré sur le pipeline de vente, mise sur la maturité : plus de 500 intégrations, un dossier de conformité solide avec certification ISO 27001 et un hébergement en Europe, à partir de 14 € par utilisateur et par mois. Folk, édité à Paris, joue la carte du CRM relationnel moderne, pensé pour jongler entre vente, partenariats et recrutement, à partir de 21 € par membre et par mois.
Leur différence ? Elle ne tient pas à la facilité d’usage, où les deux se valent. Elle se joue sur l’usage que vous allez en faire, et sur un point de souveraineté qui surprend. On compare, critère par critère.
| Critère | Pipedrive | Folk |
|---|---|---|
| Type de CRM | Pipeline de vente | Relationnel (vente, partenariats, recrutement) |
| Prix d’entrée | 14 € par utilisateur par mois | 21 € par membre par mois |
| Offre gratuite permanente | Non (essai) | Non (essai) |
| Intégrations | Plus de 500 | Limitées, API légère |
| Application mobile native | Oui | Non (web mobile) |
| Hébergement des données | Union européenne | États-Unis (AWS) |
| Certifications | ISO 27001 et 27701, SOC 2/3 | SOC 2 Type 1 |
| Idéal pour | Équipe commerciale structurée qui veut grandir | Petite équipe qui gère des relations variées |
| Note Eurosaas | 3,7/5 | 3,6/5 |
| Site officiel | pipedrive.com | folk.app |
Pipedrive ou Folk : piloter des ventes ou gérer tous vos contacts ?
Avant d’entrer dans le détail, une question décide presque à elle seule du bon outil : au quotidien, ce que vous voulez suivre, ce sont des ventes à conclure, ou des contacts de toute nature à entretenir ? Votre réponse vous oriente directement vers l’un des deux.
Si ce sont des ventes, Pipedrive est taillé pour vous. C’est un CRM de pipeline pur : tout s’organise autour de l’affaire qui avance par étapes, du premier contact à la vente signée. Pour une équipe commerciale qui veut savoir, d’un coup d’œil, où en est chaque opportunité et laquelle relancer aujourd’hui, c’est redoutablement efficace.
Si ce sont des contacts variés, Folk a l’avantage. Vos contacts ne sont pas tous des prospects : ce sont aussi des partenaires, des candidats, des investisseurs, des clients à fidéliser. Folk gère ces différentes listes en parallèle, comme un répertoire de contacts intelligent plutôt qu’un simple tableau de bord de vente.
Gérer en parallèle plusieurs types de relations, c’est précisément le confort qu’apporte Folk à qui porte plusieurs casquettes. Si vous ne faites que de la vente structurée, en revanche, cette souplesse ne vous servira pas. Et si vous faites un peu des deux ? Tranchez par votre centre de gravité : quand l’essentiel de votre activité consiste à convertir des prospects en clients, prenez Pipedrive et gérez le reste à côté ; quand la vente n’est qu’une facette d’un réseau plus large à entretenir, Folk sera plus à son aise.
Le prix : Pipedrive moins cher à l’entrée, mais attention aux modules
Sur le ticket d’entrée, Pipedrive est le moins cher des deux : 14 € par utilisateur et par mois en facturation annuelle pour le plan Lite, puis 39 € (Growth), 59 € (Premium) et 79 € (Ultimate). Folk affiche une grille plus resserrée et plus lisible : 21 € par membre pour le Standard, 43 € (Premium) et 67 € (Personnalisé), en annuel là aussi. Aucun plan gratuit permanent chez l’un comme chez l’autre, seulement un essai.
Mais le tarif d’appel ne dit pas tout, et c’est là que Pipedrive peut décevoir. Plusieurs avis d’utilisateurs le confirment : les modules complémentaires (prospection, projets, documents) font vite doubler la note, jusqu’à 50 à 65 € par utilisateur pour un usage complet. La facture de Folk, elle, réserve moins de surprises. L’écart se rejoue donc dans le temps : ce que Pipedrive vous fait gagner à l’entrée, il peut vous le reprendre en options une fois l’outil à plein régime.
Ce que Pipedrive et Folk font le mieux
Au-delà du positionnement, quatre dimensions départagent les deux outils à l’usage.
Suivre et prévoir ses ventes : l’atout de Pipedrive
C’est le terrain de jeu de Pipedrive. Opportunités visualisées par étape, prévisions de chiffre, activités à mener : un commercial sait en permanence ce qu’il doit faire et ce qui va rentrer. Folk, plus jeune sur ce volet, reste léger sur le suivi et le prévisionnel (l’estimation de ce que vous allez encaisser), ce que regrettent les équipes aux cycles de vente longs. La différence est concrète : avec Pipedrive, vous pilotez votre chiffre à l’avance ; avec Folk, vous le constatez après coup.

Gestion des relations variées : l’atout de Folk
Là où Pipedrive pense « affaires », Folk pense « gens ». On passe sans friction d’un pipeline de vente à un suivi de partenariats ou de recrutement, dans une interface si limpide que les utilisateurs disent la maîtriser sans le moindre tutoriel (4,6 sur 5 en facilité d’usage sur Capterra). Pour un fondateur, une agence ou une petite équipe qui entretient un réseau de contacts variés plutôt qu’un simple tunnel de vente, Folk colle au quotidien bien mieux qu’un CRM de vente classique.

Notre avis sur Folk
Notre méthodologieFolk est le bon choix quand vos contacts ne se résument pas à des prospects : il centralise un réseau dispersé en relations suivies, sans la lourdeur d’un CRM de vente. À notre sens, son point faible n’est pas l’outil mais l’endroit où vivent vos données, comme nous le détaillons plus bas.
Intégrations et automatisation : l’écosystème de Pipedrive
Plus de 500 intégrations : Pipedrive se branche sur presque toute votre stack et automatise les tâches répétitives, même si ses automatisations restent bornées (pas de logique imbriquée poussée). Folk, plus récent, mise sur une API légère et un catalogue d’intégrations restreint. Tant que vos besoins de connexion restent simples, ça suffit ; mais dès que votre CRM doit vraiment dialoguer avec le reste de votre outillage, c’est Pipedrive qui prend le relais sans broncher.
Notre avis sur Pipedrive
Notre méthodologiePipedrive reste une valeur sûre pour une équipe qui veut industrialiser sa prospection sans usine à gaz : simple, mûr, très connecté. Nous gardons deux réserves, le support jugé lent et une facture qui grimpe avec les modules, mais sur le pilotage du pipeline, peu d’outils sont aussi rassurants.
Mobilité et support : un point partout
Sur le terrain, Pipedrive a une vraie application mobile native ; Folk se contente d’une version web sur mobile, vite frustrante pour un commercial en déplacement. Mais inversez la perspective : le support de Folk est salué pour sa réactivité et son accompagnement à la migration, quand celui de Pipedrive concentre les critiques, lent et sans ligne téléphonique. Chacun gagne une manche : la mobilité pour Pipedrive, l’humain pour Folk.
Souveraineté des données : l’écart contre-intuitif entre Pipedrive et Folk
Voici le point qui retourne l’intuition. Spontanément, on imagine Folk, édité à Paris, plus « européen » que Pipedrive, dont le capital est passé sous contrôle du fonds américain Vista Equity. Sur le terrain des données, c’est l’inverse.
Pipedrive, entité estonienne, héberge dans l’Union européenne (Francfort, Dublin) et affiche les certifications ISO 27001, ISO 27701 et SOC 2 et 3. Folk, malgré son pavillon français, héberge ses données aux États-Unis (AWS Virginie), s’appuie sur une chaîne de sous-traitants massivement américaine et ne dispose que d’une certification SOC 2 Type 1. Si la localisation de vos données compte, par conviction ou par contrainte réglementaire, Pipedrive est le choix le plus sûr. C’est exactement le genre d’écart que notre sélection des meilleurs CRM européens sert à débusquer.
Là où Pipedrive et Folk coincent
Les pages produit restent discrètes sur quelques réalités. Chez Pipedrive, au-delà des modules qui alourdissent la facture, le reporting de direction plafonne vite sur les analyses transverses, et la politique commerciale est jugée rigide, sans remboursement même partiel. Chez Folk, l’absence d’application mobile native pèse pour les itinérants, le prévisionnel de vente reste sommaire, et le dédoublonnage des contacts, propre à l’import, se dégrade ensuite si vous réimportez les mêmes profils depuis plusieurs sources. Rien de disqualifiant, dans les deux cas. Mais autant le savoir avant de bâtir toute son organisation commerciale dessus.
Au quotidien, ce que Pipedrive et Folk vous font gagner
Avec Pipedrive, on passe de la vente à l’instinct à la vente pilotée. Chaque matin, l’outil dit quelles opportunités relancer, où elles bloquent et combien va rentrer ce mois-ci. Plus une seule opportunité qui s’évapore faute d’un rappel ; place à un prévisionnel sur lequel s’appuyer pour décider d’embaucher ou d’investir.
Avec Folk, un fondateur ou une petite équipe redonne vie à un carnet d’adresses éparpillé. Les échanges LinkedIn et email se centralisent, les bons contacts remontent au bon moment, et l’on cesse de laisser filer une opportunité faute d’avoir suivi un partenaire ou un candidat. Dans les deux cas, le bon réflexe est le même : lancer un essai sur le terrain qui vous ressemble, importer une poignée de contacts réels, et juger sur pièces avant de déployer.
Notre verdict : Pipedrive ou Folk ?
Choisissez Pipedrive si votre cœur de métier est la vente structurée, que vous voulez prévoir votre chiffre, automatiser et grandir, et que l’hébergement européen de vos données compte. Choisissez Folk si vous gérez des relations plus larges que de simples prospects, que vous tenez à une interface moderne et à un support réactif, et que des données hébergées aux États-Unis ne vous gênent pas. Le premier rassure par sa maturité ; le second séduit par sa simplicité et son interface moderne. Un doute ? Lancez les deux essais en parallèle sur vos vrais contacts : la bonne réponse se sent en une semaine.
Questions fréquentes sur Pipedrive et Folk
- Pipedrive ou Folk : lequel choisir pour une petite équipe commerciale ?
- Pour une équipe qui fait de la vente structurée et veut prévoir son chiffre, Pipedrive est plus adapté grâce à son pipeline et son prévisionnel. Folk convient mieux à une petite équipe qui gère aussi des partenariats, du recrutement ou un réseau, au-delà de la seule prospection.
- Pipedrive est-il moins cher que Folk ?
- À l’entrée oui : 14 € par utilisateur et par mois contre 21 € par membre pour Folk. Mais les modules complémentaires de Pipedrive font vite grimper la note réelle vers 50 à 65 € par utilisateur, là où la grille de Folk reste plus prévisible.
- Folk et Pipedrive hébergent-ils les données en Europe ?
- Pipedrive héberge dans l’Union européenne (Francfort, Dublin) avec une certification ISO 27001. Folk, malgré son édition française, héberge aux États-Unis (AWS Virginie) sous Data Privacy Framework. Pour une exigence de souveraineté, Pipedrive est le plus sûr.
- Peut-on migrer facilement de Folk à Pipedrive ?
- Les deux importent les contacts depuis un fichier ou LinkedIn et proposent un accompagnement. Folk est réputé pour la fluidité de sa migration ; pour passer à Pipedrive, prévoyez de remapper vos étapes de vente, le modèle étant plus orienté pipeline.
Au final, Pipedrive et Folk ne répondent pas à la même question : l’un structure une force de vente, l’autre entretient un réseau de relations. Pour les situer face aux autres acteurs, parcourez l’ensemble de la catégorie CRM ; et si vous cherchez surtout à quitter un outil américain, jetez un œil à nos alternatives européennes à HubSpot.
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