Qonto ne court plus après l’hypercroissance. En inaugurant son nouveau siège parisien, mercredi 23 septembre, la fintech française, qui n’a pas atteint le million de clients visé début 2022, assume un rythme plus modéré. Elle en revendique 750 000 et compte désormais sur ses clients existants, sur des entreprises plus grandes et sur une licence bancaire qu’elle espère obtenir dans les prochains mois.

« On ne va pas à la course à l’hypercroissance absolue, ce n’est plus notre objectif. »

Philippine Rougevin-Baville, directrice générale de Qonto pour l’Europe de l’Ouest, interrogée par l’AFP.

Le million de clients reste l’objectif, sans date

En janvier 2022, Qonto bouclait une levée de 486 millions d’euros qui la valorisait 4,4 milliards et en faisait alors la plus grosse licorne française, selon l’AFP. Elle se fixait à l’époque l’objectif du million de clients. Près de cinq ans plus tard, Qonto revendique 750 000 entreprises clientes, en majorité en France, dans huit pays européens, et garde ce cap sans horizon fixé.

Qonto présente ce ralentissement comme un choix. Selon Philippine Rougevin-Baville, l’entreprise est rentable et dispose des capitaux nécessaires pour se développer : « On n’a pas du tout de plans de levées de fonds ou autre opération pour supporter notre croissance », a-t-elle indiqué à l’AFP. Elle écarte aussi une entrée en Bourse à court terme. L’AFP rappelle que Qonto a dû suspendre pendant plus d’un an son développement en Italie, son troisième pays, après des difficultés avec le superviseur local.

Vendre plus aux clients actuels et viser des entreprises plus grandes

Selon Philippine Rougevin-Baville, la croissance doit désormais venir de deux leviers. Le premier consiste à vendre davantage de produits aux clients actuels. Le second vise des entreprises plus grandes, moins nombreuses que les indépendants, TPE et PME qui forment la clientèle historique de Qonto.

Qonto élargit déjà son offre. La fintech a repris les actifs d’Acasi pour intégrer la comptabilité à son compte professionnel, et a annoncé l’arrêt progressif de Regate, son outil de pré-comptabilité, pour concentrer son offre sur une seule plateforme, explique l’éditeur. La création d’entreprise sert aussi de porte d’entrée : selon Maddyness, une entreprise sur quatre est désormais créée avec Qonto en France, et le service vient d’être étendu à l’Italie et aux Pays-Bas.

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Qonto réunit compte professionnel, facturation et comptabilité pour les indépendants et les PME européens.
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Qonto attend sa licence bancaire

Qonto opère depuis 2018 sous un agrément d’établissement de paiement, rappelait Alexandre Prot à Mind Fintech en juillet 2025. La fintech a déposé sa demande de licence bancaire auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), au printemps 2025 selon l’AFP (à l’été selon Maddyness). « Tous les voyants sont au vert, le processus est très bien enclenché », assure Philippine Rougevin-Baville. D’après Maddyness, cet agrément permettrait à Qonto de proposer du crédit à long terme, ainsi que des produits d’épargne et d’investissement.

Le déménagement accompagne ce changement de statut, selon Maddyness. Qonto occupe désormais 11 000 mètres carrés sur neuf étages, dans un ancien bureau de poste de l’impasse de Bonne-Nouvelle (10e arrondissement). Le bâtiment compte 900 postes de travail, autant que de salariés en France, et double presque la surface des anciens bureaux, un espace WeWork, d’après Tech.eu. « Nous entrons dans un nouveau chapitre pour devenir une banque », a déclaré Alexandre Prot, cofondateur et directeur général, lors de l’inauguration, cité par Maddyness.

La clientèle professionnelle attire d’autres acteurs. Le même jour, Nickel, filiale de BNP Paribas, lançait Nickel Pro, une formule destinée aux entrepreneurs individuels, note l’AFP.

Les autres outils de gestion financière édités en Europe sont réunis sur la page Comptabilité et trésorerie de l’annuaire, et le comparatif des logiciels de comptabilité et de trésorerie européens situe Qonto parmi eux.